Le Web 2.0 propose des outils riches en termes de création et de suivi des contenus. Pour le donateur, cela permet à la fois d’être connu par le site, de pouvoir mesurer son activité, de disposer d’outils de mobilisation dans son entourage online, et enfin d’interagir avec ses pairs autour du centre d’intérêt commun : la cause commune et les formes d’engagement.
Après avoir présenté les travaux de François Rousseau sur « l’Organisation Militante », cette note propose une grille de lecture du site de l’ONG 2.0 : Personnal Metrics, Empowerment et Réseau Social.
Ce document propose une carte des concepts liés à la traçabilité pour les organismes de type ONG. Il convient de chercher les aspects de cette traçabilité dans tout le processus du don, afin d’accroître la confiance dans le dispositif et donc d’augmenter son impact économique. La grille de lecture de la traçabilité repose sur l’éducation (fournir des explications), la transparence (fournir des informations) et l’accountability (fournir des preuves).
Une deuxième partie s’attache à remettre en question la traçabilité matérielle pour se concentrer en premier lieu sur l’identité numérique du donateur et les opportunités des réseaux sociaux.
Sur les technologies du Web 2.0 (XML, Ajax, RSS,…) sont bâtis des usages riches en termes d’interactivité, de collaboration et d’échange. Muni d’une identité, l’internaute a la possibilité de personnaliser le contenu de ses pages, de gérer son réseau familial, amical ou professionnel, de publier de l’information sous de multiples formats et de la géolocaliser, d’organiser online des événements offline,... Ces usages sont quasiment absents des sites des ONG. Or les donateurs, acteurs par procuration, auraient tout intérêt dans de tels systèmes à entretenir leur niveau d’information, leur motivation leur implication, bref, leur conscience des enjeux humanitaires. Charge à l’ONG 2.0 de convertir cette prise de conscience en passage à l’acte du don.
Le terme Web 2.0 désigne de manière floue une évolution du Web, qui est passé de contenus statiques à des contenus dynamiques générés par les utilisateurs. Ainsi, les visiteurs du site web peuvent prendre le contrôle d’un site, ce qui offre des opportunités conséquentes en matière d’initiatives citoyennes. Un Web plus citoyen, que les ONG peuvent s'approprier.
Dans un contexte de saturation du marché du don, ce document vise à expliciter le cadre dans lequel les ONG évoluent. Financièrement, celles-ci reposent essentiellement sur le don privé, qu’elle suscite par des techniques de mailing. Dans cette stratégie, le don en ligne (qui ne représente actuellement que 1 à 2% du total des fonds levés) s’appuie sur des sites web conçus le plus souvent comme des vitrines de l’ONG, de ses valeurs et de ses actions.
A consulter sur la page des notes du site du projet "Humanitaire 2.0", ou en dircetement ci-dessous.
Un groupe de réflexion sur l'Humanitaire 2.0 débutera en Septembre 2009.
ONG, acteurs du Web 2.0, chercheurs, et curieux sont invités à participer à ce groupe de réflexion qui vise à nourrir le web des ONG de ce qui se fait de mieux en matière 2.0, afin d'accroître la levée de fonds des ONG sur le Web.
Michael Wesch propose sa vision d'anthropologue sur le Web 2.0. Derrière les outils désormais familiers se cache un univers qu'il qualifie d'espace de création, de collaboration et de viralité.
Après le Blondizer de la Croix Rouge, le site "Our world, your move" du CICR, voici le troisième dispositif où les internautes peuvent laisser une trace pour une noble cause.
Mais cette fois-ci, le don est entièrement visible, puisque 1 brique = 1€ (paiement CB ou Paypal).
Possibilité de faire un micro-don, voire de plus gros en choisissant un pictogramme, puis de partager son don sur les réseaux sociaux (FB, Myspace, Delicious, Digg).
Muhammad Yunus, prix Nobel de la pais 2006, a ouvert la voie de l'éradication de la pauvreté par le social business, en particulier via le micro-crédit.
Les résultats de la Grameen Bank sont exceptionnels : 4 milliards d'euros prêtés, taux de recouvrement de 98%, plus de 7 millions d'emprunteurs.
Vous-voulez vous impliquer dans le micro-crédit ? En voici la version 2.0 : www.kiva.org.
Grâce à ce site, tout internaute peut devenir micro-prêteur. Ce modèle de micro-crédit P2P connecte les internautes avec des entrepreneurs des pays en développement.
Les sites des ONG disposent tous de certains dispositifs devenus standards : don en ligne sécurisé, newsletter, et des vecteurs de communication élémentaires (bannières, logo, voire vidéos).
Certaines proposent des dispositifs de dons plus innovants, comme le don à la semaine chez MSF, ou l'opération des "Centimes qui comptent" (donner les décimales de son compte bancaire), fruit d'un partenariat avec la BNP, déployé chez la Croix Rouge, Handicap International ou encore Action Contre la Faim. Autres dispositifs liés aux banques, la possibilité de donner à chaque transaction bancaire (lire ceci à ce sujet pour pondérer le concept), ou d'épargner solidaire avec le crédit coopératif pour Handicap International.
Culture de l'Humanitaire
En ce qui concerne la sensibilisation aux problématiques des ONG, certaines se dotent d'un espace à vocation culturelle. Le Secours Catholique propose unespace multimédia sur des sujets de fond, MSF développe intelligemment ses activités médicales, tandis que l'Unicef propose un espace dédié aux jeunes. Certaines ONG comblent les lacunes d'internet (et de certainss internautes) en géographie, en proposant des cartes permettant de situer leurs actions. (voir notamment MSF et HI).
Certaines technologies apparaissent bien plus marginalement. Le webbénévolat permet d'organiser la communauté des donateurs (vu chez la Croix Rouge). Des applications mobiles apparaissent aussi ! Le lourd MSF Wap, ou l'appli du CICR sur iPhone par exemple. Le principe est de rester au courant de l'actualité humanitaire, sans fonction supplémentaire (micro-don par exemple).
Serious Games
Depuis peu, un concept porteur émerge : le serious game. En utilisant la logique d'un jeu, il est possible de projeter un internaute dans le quotidien d'une ONG, d'une situation humanitaire critique... au delà d'un simple quizz (ce que propose Amnesty International), le World Food Program de l'ONU propose "Food Force". Plus troublant, le site http://www.darfurisdying.com/, propose de se projeter dans la peu d'un enfant devant remplir un jerrican d'eau sans se faire kidnapper par une milice, ou de comprendre les difficultés rencontrées dans les camps de réfugiés. Initiative louable, mais la barrière entre le joueur et le donateur est bien trop large.
Récemment, c'est le CICR qui a frappé fort avec son site http://ourworld-yourmove.org/, merveilleusement introduit par une vidéo buzz. Après avoir découvert un grand enjeu du développement humanitaire, on propose de "faire un geste" sur un globe numérique. Connexion aux socnets bien pensée (FB, mySpace,...), mais le don aurait pu être plus mis en avant.
L'ONG 2.0 devra-t-elle être une compilation de ces initatives existantes ? Quelles doivent être les concepts sous-tendant l'appel à la généristé sur le Web ? Affaire à suivre.
Sur les 1 100 000 associations que compte la France, 90% auraient un budget inférieur à 15000€. Jusqu'ici, monter un système de don en ligne était incroyablement difficile, tant le nombre de prestataires à fédérer (et rémunérer) était important.
L'an dernier, Eric De La Broise (qui nous a reçu le 27 Avril) et Alexandre Ayad (2 profils très complémentaires) ont crée IZI-Collecte, un Software as a Service du don en ligne. C'est au sein de Non-Profit Village, SARL incubée par Sciences-Po qui le produit (blog fondu avec (www.solidarite.info).
La solution IZI-Colecte est la fusion de 3 pans de la collecte en ligne :
Tout ceci sans avoir à programmer bien sûr. De plus, IZI-Collecte propose un système de collecte des cotisations on line.
Ce produit, enthousiasmant et représentant une réelle rupture dans le fundraising on line au vu du modèle et des perspectives de nombre d'associations concernées (caritatives, politiques,...), nous a particulièrement frappés.
Au delà d'être un exemple fort d'entrepreneuriat social, certains points clés sont mis en lumière. Premièrement, l'aspect démocratique du produit, levant les barrières de l'appel à la générosité privée au plus grand nombre. Deuxièmement, il présente un rare exemple d'empowerment du donateur, en lui offrant la possibilité de devenir un @mbassadeur, ou de poser un widget de collecte sur son blog ou son site. Enfin, la connexion simple et rapide aux réseaux sociaux (Facebook et MySpace) est très prometteuse, et constitue une première base de recherches dans le domaine.
L'histoire commence par un clip vidéo, envoyé par mail à 10 collègues... et qui 1 semaine plus tard se retrouve #1 sur Youtube ! (ci-contre)
Cette vidéo a été publiée par Michael Welsch, anthropologue à l'université du Kansas. Au retour d'un voyage de 17 mois en Nouvelle Guinée où il a étudié les "médias" dans une tribu. Tirant de ses recherches que les médias nous façonnent au moins autant que nous les façonnons, il s'est penché sur... le WEB 2.0.
Selon lui, le vocable "WEB 2.0" est équivalent au terme "post-moderne" pour l'architecture moderne. Il faut aller bien au delà du terme, et en ce qui concerne ses recherches et en qualité d'ethnologue, au sein de la tribu WEB 2.0 pour comprendre ce qu'il en advient.
Comme il l'explique dans cette vidéo, les concepts phares du WEB 2.0 sontcréation, dissémination et collaboration. Le terme désigne bien ces développements qui sont constitutivement natifs du web, et non crée par une simple transposition de notre quotidien (le "bureau", les "dossiers", les "pages"). Un blog, par exemple, est plus que la traduction numérique d'un journal intime, puisqu'ils sont web-natifs avec une plus-value technologique (tri, recherche), permet de le relier à d'autres blogs et permet l'interaction avec les lecteurs (et nous prévient si c'est le cas).
Son idée forte qui est de prétendre que le Web 2.0 nous façonnent autant que nous le façonnons.
Lors de nos contacts avec nos pairs, nous sommes à la fois attirés par un profond désir d'entrer en contact, mais freinés par une peur du rejet. Mais les réseaux sociaux, blogs et autres Wikis offrent l'avantage de nous présenter tels qu'on le souhaite, tout en minimisant le risque de rejet social. Cette désinhibition prend tout son sens sur les réseaux sociaux. D'ailleurs, il considère qu'il n'est pas un hasard que ce soient des jeunes adultes qui aient fondés ces systèmes, puisque bien moins pris dans les modèles de communication traditionnels.
Une évolution non paradoxale mais importante est que dans les modes de collaboration qu'offre le Web 2.0, avoir tort est accepté, puisqu'il est désormais acquis pour cette génération que le collectif produit plus et mieux que l'individu. L'identité individuelle est insécable de la communauté d'appartenance.
La spontanéité des échanges en face à face est donc contournée grâce au Web 2.0, qui permet, en plus de nourrir un intérêt profond pour les nouvelles technologies, d'afficher sans risque social son identité. De plus, le partage de son histoire (via photos, status,...) avec sa communauté représente une rupture puisqu'elle est quasiment instantanée.
Il pose aussi son regard sur cette jeune génération, qui selon lui est la plus critiques de toutes envers la fausse authenticité (ce qui en fait la plus méfiante vis-à-vis de la publicité). Des premières publicités vantées par des stars ("n'écoutez pas les célébrités mais votre soif" pour une célèbre boisson gazeuse), ou des marques vantant la "beauté réelle" (Dove), ils ne retiennent qu'une authenticité falsifiée. La webcam 1er prix des vloggers en est l'une des preuves.
Autre aspects de ses travaux, les modèles éducatifs émergents avec le Web 2.0 et la quantité inouïe d'information qu'il porte, qui posent de nouveaux piliers pédagogiques : il convient à présent de leur apprendre à trouver l'information, àl'interpréter, à savoir poser des questions (esprit critique), et à provoquer chez eux ce que Welsch appelle le "creative thinking", puisqu'ils peuvent apporter au Web 2.0 ce qu'ils auront imaginé et crée. Et tout cela, de plus en plus tôt.
Ce "global village" qu'est le Web 2.0, nous connectant les uns les autres plus que jamais, ne doit pas nous faire oublier la réalité : celle d'un bas de la pyramide où près de 5 milliards de personnes ne sont pas connectées, et ont des enjeux tels que la faim, l'accès à l'éducation et la santé qui pour nous sont acquis.
Quand le Web 2.0 offrira à tous le moyen de se connecter, ou à défaut, celui d'agir plus et mieux dans le monde réel, la question ne sera plus de savoir ce qu'il apporte aux internautes, mais ce que les internautes pourront faire pour l'humanité grâce à lui.
Lors du Sommet du Millénaire qui s'est tenu du 6 au 8 Septembre 2000 au siège des Nations Unies, 189 pays se sont engagés dans un projet de développement mondial.
C'est ainsi que sont nés les Objectifs du Millénaire pour le développement, au nombre de 8 :
Réduire l'extrême pauvreté et la faim
Assurer l'éducation primaire pour tous
Promouvoir l'égalité des sexes et l'autonomisation des femmes
Réduire la mortalité infantile
Améliorer la santé maternelle
Combattre le VIH/sida, le paludisme et d’autres maladies
Préserver l’environnement
Mettre en place un partenariat mondial pour le développement
A l'horizon 2015, les membres des Nations Unies s'engagent à agir de manière conséquente pour chacun de ces objectifs. Le site MDG propose un moniteur de l'avancée des actions sur chacun de ces points : www.mdgmonitor.org.
Les moyens nécessaires en terme financiers sont gigantesques (de l'ordre de 50 milliards de dollars/an). Ainsi, en parallèle, une réflexion de fonds sur les financments innovants est menée (www.leadinggroup.org).
Les Objectifs du Millénaire pour le Développement sont loin d'être réalisés, notamment dans le domaine de la santé.
Dans le cadre des financements innovants, visant à pérenniser et stabiliser les fonds nécessaire pour le développement à l'échelle mondiale, l'Humanitaire doit prendre un tournant franc et rapide sur l'Internet.
Plus vivant, plus collaboratif, plus communautaire, l'Humanitaire 2.0 sera la clé de l'accomplissement de cet idéal issu des Nations du monde entier en 2000 dans la déclaration du Millénaire : soigner les plaies que la mondialisation a engendrées.