L'histoire commence par un clip vidéo, envoyé par mail à 10 collègues... et qui 1 semaine plus tard se retrouve #1 sur Youtube ! (ci-contre)
Cette vidéo a été publiée par Michael Welsch, anthropologue à l'université du Kansas. Au retour d'un voyage de 17 mois en Nouvelle Guinée où il a étudié les "médias" dans une tribu. Tirant de ses recherches que les médias nous façonnent au moins autant que nous les façonnons, il s'est penché sur... le WEB 2.0.
Selon lui, le vocable "WEB 2.0" est équivalent au terme "post-moderne" pour l'architecture moderne. Il faut aller bien au delà du terme, et en ce qui concerne ses recherches et en qualité d'ethnologue, au sein de la tribu WEB 2.0 pour comprendre ce qu'il en advient.
Comme il l'explique dans cette vidéo, les concepts phares du WEB 2.0 sontcréation, dissémination et collaboration. Le terme désigne bien ces développements qui sont constitutivement natifs du web, et non crée par une simple transposition de notre quotidien (le "bureau", les "dossiers", les "pages"). Un blog, par exemple, est plus que la traduction numérique d'un journal intime, puisqu'ils sont web-natifs avec une plus-value technologique (tri, recherche), permet de le relier à d'autres blogs et permet l'interaction avec les lecteurs (et nous prévient si c'est le cas).
Son idée forte qui est de prétendre que le Web 2.0 nous façonnent autant que nous le façonnons.
Lors de nos contacts avec nos pairs, nous sommes à la fois attirés par un profond désir d'entrer en contact, mais freinés par une peur du rejet. Mais les réseaux sociaux, blogs et autres Wikis offrent l'avantage de nous présenter tels qu'on le souhaite, tout en minimisant le risque de rejet social. Cette désinhibition prend tout son sens sur les réseaux sociaux. D'ailleurs, il considère qu'il n'est pas un hasard que ce soient des jeunes adultes qui aient fondés ces systèmes, puisque bien moins pris dans les modèles de communication traditionnels.
Une évolution non paradoxale mais importante est que dans les modes de collaboration qu'offre le Web 2.0, avoir tort est accepté, puisqu'il est désormais acquis pour cette génération que le collectif produit plus et mieux que l'individu. L'identité individuelle est insécable de la communauté d'appartenance.
La spontanéité des échanges en face à face est donc contournée grâce au Web 2.0, qui permet, en plus de nourrir un intérêt profond pour les nouvelles technologies, d'afficher sans risque social son identité. De plus, le partage de son histoire (via photos, status,...) avec sa communauté représente une rupture puisqu'elle est quasiment instantanée.
Il pose aussi son regard sur cette jeune génération, qui selon lui est la plus critiques de toutes envers la fausse authenticité (ce qui en fait la plus méfiante vis-à-vis de la publicité). Des premières publicités vantées par des stars ("n'écoutez pas les célébrités mais votre soif" pour une célèbre boisson gazeuse), ou des marques vantant la "beauté réelle" (Dove), ils ne retiennent qu'une authenticité falsifiée. La webcam 1er prix des vloggers en est l'une des preuves.
Autre aspects de ses travaux, les modèles éducatifs émergents avec le Web 2.0 et la quantité inouïe d'information qu'il porte, qui posent de nouveaux piliers pédagogiques : il convient à présent de leur apprendre à trouver l'information, àl'interpréter, à savoir poser des questions (esprit critique), et à provoquer chez eux ce que Welsch appelle le "creative thinking", puisqu'ils peuvent apporter au Web 2.0 ce qu'ils auront imaginé et crée. Et tout cela, de plus en plus tôt.
Ce "global village" qu'est le Web 2.0, nous connectant les uns les autres plus que jamais, ne doit pas nous faire oublier la réalité : celle d'un bas de la pyramide où près de 5 milliards de personnes ne sont pas connectées, et ont des enjeux tels que la faim, l'accès à l'éducation et la santé qui pour nous sont acquis.
Quand le Web 2.0 offrira à tous le moyen de se connecter, ou à défaut, celui d'agir plus et mieux dans le monde réel, la question ne sera plus de savoir ce qu'il apporte aux internautes, mais ce que les internautes pourront faire pour l'humanité grâce à lui.
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